La gastronomie d’un pays reflète son terroir et son histoire. Elle fait partie de son identité. Parcourir ses territoires, au fil de ses spécialités régionales, est un bon moyen de s’imprégner de sa culture, de rencontrer ses producteurs et de dénicher de bons produits locaux. On vous emmène découvrir les produits de la mer issus de sa côte et ses îles, les parcs ostréicoles de l’embouchure de la Gironde, les douceurs angéliques du marais poitevin dans le pays d’Aunis, le terroir viticole de la Saintonge,… pour vous inspirer une escapade gourmande en Charente-Maritime.
Au bord de l'océan, les produits de la mer sont les vedettes de la cuisine, mais vous y trouverez bien d'autres gourmandises. Nous en avons sélectionné une quinzaine, salées ou sucrées, des produits du terroir ou des plats traditionnels, avec une spécialité bonus à ne pas manquer. Voici un tour d'horizon des saveurs et mets locaux à déguster, dans ce département entre terre et mer.
C'est notre numéro 1. Normal, elles sont incontournables. Ce sont les stars des plateaux de fruits de mer, mais on peut aussi les consommer chaudes et gratinées.
L'huître de Charente-Maritime doit sa réputation au bassin de Marennes-Oléron, l'un des plus importants sites ostréicoles d'Europe. C'est ici que naît la célèbre huître « fine de claire », affinée dans d'anciens marais salants où elle développe sa couleur verte caractéristique et son goût iodé si particulier, moins salé et plus subtil qu'une huître d'élevage classique. On distingue plusieurs affinages, de la fine à la spéciale, selon le temps passé en claire et la densité d'élevage.
Traditionnellement dégustée crue, avec un filet de citron ou une échalote au vinaigre, elle se prête aussi très bien à des préparations chaudes : gratinée au beurre persillé, poêlée minute ou même en tempura pour les plus curieux. Une dégustation d'huîtres directement sur les cabanes ostréicoles, les pieds dans le sable, reste l'une des expériences les plus authentiques du littoral charentais.
Voilà un autre coquillage emblématique : la moule. La mouclade et l'éclade sont plus que des recettes typiques, elles font partie de la culture de la Charente Maritime.
La moule de bouchot tire son nom du pieu de bois (le « bouchot ») sur lequel elle est élevée, en pleine zone intertidale. Cette méthode d'élevage vertical, née dans la baie de l'Aiguillon au 13ᵉ siècle selon la légende, donne une moule charnue, sans sable et au goût délicat, reconnaissable à sa coquille bleu-noir. Elle se cuisine traditionnellement en éclade, cuite en plein air sur un lit d'aiguilles de pin enflammées, un rituel convivial et spectaculaire encore pratiqué lors des fêtes de village. En mouclade, elle mijote dans une sauce onctueuse à la crème, au beurre et parfois relevée d'une pointe de curry ou de pineau, une recette qui varie d'une maison à l'autre le long de la côte.
Découvrez ces deux traditions culinaires incontournables de la région.
L'océan apporte bien d'autres fruits que ces coquillages réputés. La gastronomie charentaise profite de tous les produits de la mer, qui forment la base de nombreuses recettes traditionnelles.
Les crevettes grises, pêchées à pied dans les chenaux à marée basse ou remontées par les petits bateaux côtiers, se dégustent simplement cuites à l'eau salée, décortiquées à table. Les criées de La Rochelle, de Royan ou de l'île d'Oléron reçoivent chaque jour bars, soles, seiches et raies selon la saison et la marée, revendus en direct sur les marchés ou dans les poissonneries locales.
Ces produits frais irriguent toute la cuisine régionale : soupe de poisson maison, seiches à la rochelaise mijotées avec leur encre, ou simple poisson grillé arrosé d'un filet d'huile d'olive et de sel de l'île de Ré. C'est un terrain de jeu idéal pour qui aime cuisiner selon l'arrivage plutôt que selon la recette figée.
L'anguille de l'estuaire et la civelle (son alevin) se consomment fraîches ou fumées. Sa chair assez grasse se cuisine traditionnellement en matelote, c'est-à-dire dans du vin.
La pibale, aussi appelée civelle, est le tout jeune stade de l'anguille européenne, pêchée dans l'estuaire de la Gironde et de la Charente lors de sa remontée depuis la mer des Sargasses, où elle est née. Sa pêche, très réglementée pour préserver une espèce menacée, se pratique traditionnellement de nuit, au filet, pendant les mois d'hiver.
Autrefois plat du pauvre, la pibale est devenue un mets recherché, cuisinée en persillade ou à la basquaise pour les civelles, tandis que l'anguille adulte se prépare en matelote, mijotée dans du vin rouge avec oignons et lardons, une recette qui rappelle la proximité du fleuve et de la vigne dans ce terroir.
Les marais salants font partie intégrante du paysage côtier et insulaire.
Exploités depuis le Moyen Âge, les marais salants de l'île de Ré et de la presqu'île d'Ars façonnent un paysage unique de bassins argileux où l'eau de mer s'évapore lentement sous l'effet du vent et du soleil. Le saunier récolte à la main deux types de sel : le gros sel gris, riche en oligo-éléments, et la fleur de sel, ce voile blanc et délicat qui se forme à la surface de l'eau par beau temps, récolté au lousset dans les seules heures les plus favorables de la journée.
Ce savoir-faire artisanal, transmis de génération en génération, façonne aussi l'écosystème du marais, refuge pour de nombreux oiseaux migrateurs. On retrouve ce sel dans toute la gastronomie locale, du beurre salé aux caramels, en passant par l'assaisonnement des poissons et des légumes du potager.
Pour ne rien manquer du sel de l'île de Ré :
L'algue est un produit de la mer encore méconnu en France, même s'il est très consommé en Asie et surtout au Japon.
Les côtes de l'île de Ré, notamment autour d'Ars-en-Ré, abritent une grande diversité d'algues comestibles : laitue de mer, dulse, wakamé ou encore la kombu royale, récoltées à la main sur l'estran à marée basse. Riches en minéraux, en iode et en protéines, elles s'intègrent aujourd'hui dans une cuisine locale de plus en plus créative : tartare d'algues, condiment pour accompagner les fruits de mer, ou même incorporées dans du pain et des biscuits apéritifs. Longtemps boudée en France, l'algue charentaise séduit désormais les chefs comme les particuliers en quête d'une alimentation saine et locale.
Chaussez vos bottes pour cueillir ces algues aux multiples bienfaits.
C'est l'une des rares plantes qui apprécient le milieu salé et qui poussent sur les sols chargés en sel : plages, marais salants… Les ostréiculteurs la cultivent en complément de leur production d'huîtres.
Surnommée le « haricot de mer » ou « cornichon de mer » pour sa texture croquante, la salicorne pousse spontanément sur les vasières et les marais littoraux, gorgée de l'eau salée qui l'irrigue. Elle se récolte traditionnellement au printemps et au début de l'été, quand ses jeunes pousses vertes sont encore tendres et légèrement salées. Elle se consomme crue en salade, simplement assaisonnée d'un filet d'huile d'olive, mais aussi blanchie quelques minutes à l'eau bouillante pour l'attendrir, ou confite au vinaigre pour l'accompagner toute l'année, un peu à la manière d'un cornichon.
Spécialité laitière emblématique du Marais Poitevin et de la Saintonge, la jonchée est un fromage frais préparé traditionnellement avec du lait caillé, déposé sur un lit de joncs tressés, d'où son nom. Ce moule végétal donnait autrefois au fromage sa forme caractéristique et un léger parfum végétal, en plus de laisser le petit-lait s'écouler naturellement pendant l'égouttage.
Autrefois fabriquée à la ferme avec le lait du jour, la jonchée était un moyen simple de valoriser la production laitière locale, dans une région d'élevage bovin et caprin. Aujourd'hui encore, quelques producteurs artisanaux perpétuent cette fabrication traditionnelle, vendue sur les marchés dans son petit panier de jonc ou d'osier. On la déguste très fraîche, dans les heures suivant sa fabrication, nature ou simplement saupoudrée de sucre, arrosée d'un filet de crème fraîche épaisse. Douce, onctueuse et légèrement acidulée, c'est un dessert simple et authentique, à mi-chemin entre le fromage blanc et la faisselle, qui clôt idéalement un repas charentais.
En « Appellation d'Origine Protégée », c'est une production dite « primeur » car elle est récoltée jeune.
Cultivée dans les sols sableux et légers de l'île de Ré, réchauffés précocement par le climat océanique, la pomme de terre primeur bénéficie d'une récolte avancée, généralement dès la fin du mois d'avril, bien avant les autres régions productrices. Sa peau fine, qui se détache presque toute seule, ne permet pas une longue conservation : elle se consomme dans les jours suivant l'achat, idéalement cuite à l'eau ou à la vapeur avec sa peau, pour préserver toute la finesse de sa chair fondante. On la sert traditionnellement toute simple, avec du beurre salé de la région, pour laisser s'exprimer son goût délicat et légèrement sucré.
C'est une sorte de pâté, confectionné à base de morceaux maigres de porc, mis à confire pendant plusieurs heures.
La viande, généralement de l'épaule ou de la poitrine, cuit lentement dans sa propre graisse avec quelques aromates, jusqu'à devenir fondante, puis elle est effilochée à la main pour obtenir cette texture rustique, entre le rillette et le confit. Cette méthode de cuisson longue, héritée d'une époque où on cherchait à conserver la viande sans réfrigération, donne aux grillons charentais un goût profond et une bonne tenue en bocal. On les déguste traditionnellement tièdes ou à température ambiante, tartinés généreusement sur une tranche de pain de campagne, en entrée ou à l'apéritif, accompagnés d'un verre de vin rouge ou de pineau (avec modération !).
Ce sont des escargots petits-gris, typiques du terroir saintongeais, cuisinés traditionnellement avec du vin ou du Pineau de Charente.
Le mot « cagouille » est si ancré dans l'identité locale qu'il désigne aussi, familièrement, les habitants de la Charente-Maritime : on parle des « Cagouillards ». L'escargot petit-gris se ramasse traditionnellement après la pluie, dans les vignes et les haies, puis il est purgé pendant plusieurs jours avant d'être cuisiné. La recette la plus répandue le mijote longuement dans une sauce au vin blanc ou au pineau, relevée d'ail et de persil, parfois enrichie de jambon de pays. Ce plat mijoté, traditionnellement servi lors des repas de famille et des fêtes de village, reste un incontournable de la cuisine saintongeaise.
C'est un gâteau traditionnel du Marais Poitevin, parfumé à l'angélique.
Confectionnée avec de la farine, du beurre et des œufs, cette galette se distingue par sa mie dense et moelleuse, dorée à la surface, et par la note végétale et légèrement anisée de l'angélique confite, cette plante emblématique cultivée dans les marais du pays d'Aunis. Traditionnellement préparée pour les grandes occasions, elle se conserve plusieurs jours et se déguste aussi bien au petit-déjeuner qu'au goûter, accompagnée d'une tasse de thé ou d'un café. On la trouve facilement chez les boulangers et pâtissiers artisanaux de la région, ainsi que sur les marchés de producteurs.
Ces biscuits secs triangulaires, avec un trou en leur centre, sont habituellement offerts pour la fête des Rameaux.
Cette forme si particulière, un triangle percé destiné à être enfilé sur un brin de buis, rappelle la tradition religieuse qui leur a donné naissance : autrefois, les enfants les recevaient bénies avec le rameau, le dimanche précédant Pâques. Confectionnées à base de farine, de beurre et de sucre, parfois parfumées à la fleur d'oranger ou au citron, ces biscuits secs et croustillants se conservent bien et se dégustent simplement, trempés dans un café ou un chocolat chaud. Bien que leur consommation soit historiquement liée au calendrier religieux, on les retrouve aujourd'hui toute l'année chez certains artisans boulangers attachés à cette tradition.
L'erreur d'un confiseur du 19ᵉ siècle a créé ce bonbon de sucre cuit, à la place d'un berlingot.
La légende raconte qu'un confiseur rochelais, en ratant sa recette de berlingot, aurait obtenu par hasard ce bonbon dur et cassant, à la texture proche du caramel vitrifié, qu'il a néanmoins commercialisé avec succès. Fabriqué à partir de sucre cuit puis étiré et cassé en petits morceaux irréguliers, d'où son nom, il se décline en plusieurs parfums, du fruit rouge à la menthe en passant par le café. Ce bonbon artisanal, encore fabriqué selon des méthodes traditionnelles par quelques confiseurs de la région, est devenu une véritable institution locale, offerte en cadeau souvenir ou dégustée simplement en fin de repas.
On l'appelle « charentais », mais il pousse dans tout le sud et le centre de la France.
Reconnaissable à sa peau lisse et côtelée, orangée à maturité, et à sa chair sucrée et parfumée, ce melon doit son nom à la région qui l'a rendu célèbre au 19ᵉ siècle, même si sa culture s'est depuis largement étendue. Récolté en pleine saison estivale, de juin à septembre, il se choisit à son parfum et à son pédoncule légèrement craquelé, signe de pleine maturité. Sa polyvalence en cuisine en fait un ingrédient apprécié : en entrée avec du jambon de pays ou un trait de pineau, en salade d'été, ou tout simplement nature, à la petite cuillère, à l'heure du dessert.
Le climat océanique et les vallons ensoleillés conviennent bien à ce fruit. Sucré et légèrement acidulé, c'est un produit d'exception.
Introduit en France dans les années 1970, le kiwi a trouvé en Charente-Maritime un terrain particulièrement favorable, grâce à des hivers doux et des étés tempérés par la proximité de l'océan. La récolte s'échelonne généralement d'octobre à novembre, mais les fruits, cueillis encore fermes, continuent de mûrir pendant plusieurs semaines avant d'être commercialisés, ce qui permet de les déguster jusqu'au cœur de l'hiver. Riche en vitamine C, il se consomme le plus souvent nature, coupé en deux et dégusté à la petite cuillère, mais aussi en jus, en salade de fruits ou en accompagnement de plats salés pour sa pointe d'acidité.
Partez à la rencontre d'un producteur de kiwi, passionné par ce fruit.
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En apéritif, on vous conseille un pineau des Charentes bien sûr. Né au 16ᵉ siècle, il est reconnu par « l'Appellation d'Origine Contrôlée ». C'est un vin de liqueur, obtenu quand la fermentation du raisin est stoppée par l'ajout d'alcool. Pour le Pineau, on utilise du cognac. Le pineau peut être rouge, rosé ou blanc. Le pineau blanc a un goût de miel et d'épices. Les pineaux rosés et rouges sont plus fruités.
Ce jeune vignoble offre aussi un « Vin de Pays » labellisé, en rouge, rosé et blanc. Les vins rouges sont très marqués par les fruits rouges et noirs : ce sont des vins gourmands qui agrémentent des grillades de viandes rouges ou de la charcuterie. Les rosés sont fruités et accompagnent des tapas ou des plats de poissons. Les vins blancs ont des notes iodées et un parfum floral, avec une légère pointe d'agrume, qui s'associeront à merveille avec un plateau de fruits de mer ou un poisson.
En digestif, ce sera un cognac bien sûr. Ce « vin brûlé », à l'origine, provient de la distillation du vin local, vieilli en fûts de chêne pendant au moins deux ans. En « Appellation d'Origine Contrôlée », c'est l'assemblage réalisé par le maître de chai qui lui donne son caractère, et un vieillissement plus long lui apporte ses lettres de noblesse.
Pour déguster tous ces produits, connaître les savoir-faire et rencontrer des passionnés, voici nos bonnes adresses :
Huîtres de Marennes-Oléron, moules de Bouchot, sel de l'île de Ré, jonchée du Marais Poitevin, pineau et cognac de Saintonge : la Charente-Maritime concentre un terroir rare, façonné à la fois par l'océan et par la terre. Chacune de ces spécialités charentaises raconte un savoir-faire local, souvent transmis depuis plusieurs générations, et se retrouve facilement sur les marchés, chez les producteurs ou dans les cabanes ostréicoles du département.
Notre découverte des spécialités charentaises touche à sa fin ! Nous espérons vous avoir donné envie de la poursuivre sur le terrain, au fil d'une dégustation, lors de votre prochaine escapade gourmande en Charente-Maritime.
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